Corpus des Œuvres de Philosophie en Langue française
 
 
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HELVETIUS
 
 

De l'Esprit

 
         
INDEX
         
 
TABLE SOMMAIRE.
DISCOURS I. DE L'ESPRIT EN LUI-MÊME.
L'objet de ce Discours est de prouver que la sensibilité physique et la mémoire sont les causes productrices 
de toutes nos idées; et que tous nos faux jugemens sont l'effet ou de nos passions, ou de notre ignorance.
CHAPITRE PREMIER, 15
Exposition des Principes. 
CH. II. Des erreurs occasionnées par nos passions, 26
CH. III. De l'ignorance, 29
On prouve, dans ce Chapitre, que la seconde source de nos erreurs consiste dans l'ignorance des faits de la 
comparaison desquels dépend, en chaque genre, la justesse de nos décisions. 
CH. IV. De l'abus des mots, 42
Quelques exemples des erreurs occasionnées par l'ignorance de la vraie signification des mots. 
Il résulte de ce Discours, que c'est dans nos passions et notre ignorance que sont les sources de nos erreurs; 
que tous nos faux jugemens sont l'effet de causes accidentelles qui ne supposent point, dans l'esprit, 
une faculté de juger distincte de la faculté de sentir.
DISCOURS II DE L'ESPRIT PAR RAPPORT A LA SOCIETE.
On se propose de prouver, dans ce Discours, que le même intérêt, qui préside au jugement que nous portons 
sur les actions, et nous les fait regarder comme vertueuses, vicieuses ou permises, selon qu'elles sont utiles, 
nuisibles ou indifferentes au public, préside pareillement au jugement que nous portons sur les idées; 
et qu'ainsi, tant en matiere de morale que d'esprit, c'est l'intérêt seul qui dicte tous nos jugemens: 
vérité dont on ne peut appercevoir toute l'étendue qu'en considérant la probité et l'esprit relativement, 
1°. à un particulier, 
2°. à une petite société, 
3°. à une Nation, 
4°. aux differens siecles et aux differens Pays, et 
5°. à l'univers.
CHAPITRE PREMIER. 51
Idée générale. 
CH. II. De la probité par rapport à un particulier, 56
CH. III. De l'esprit par rapport à un particulier, 61
On prouve, par les faits, que nous n'estimons, dans les autres, que les idées que nous avons intérêt d'estimer. 
CH. IV. De la nécessité où nous sommes de n'estimer que nous dans les autres, 68
On prouve encore, dans ce Chapitre, que nous sommes, par la paresse et la vanité, toujours forcés de 
proportionner notre estime pour les idées d'autrui, à l'analogie et à la conformité que ces idées ont avec 
les nôtres. 
CH. V. De la probité par rapport à une société particuliere, 77
L'objet de ce Chapitre est de montrer que les Societés particulieres ne donnent le nom d'honnêtes qu'aux 
actions qui leur sont utiles: or l'intérêt de ces Sociétés se trouvant souvent opposé à l'intérêt public, 
elles doivent souvent donner le nom d'honnêtes à des actions réellement nuisibles au public; 
elles doivent donc, par l'éloge de ces actions, souvent séduire la probité des plus honnêtes gens; 
et les détourner, à leur insu, du chemin de la vertu. 
CH. VI. Des moyens de s'assurer de la vertu, 81
On indique, en ce Chapitre, comment on peut repousser les insinuations des Sociétés particulieres, résister 
à leurs séductions, et conserver une vertu inébranlable au choc de mille intérêts particuliers. 
CH. VII. De l'Esprit par rapport aux Sociétés particulieres, 87
On fait voir que les Sociétés pesent à la même balance le merite des idées et des actions des hommes. 
Or, l'intérêt de ces Sociétés n'étant pas toujours conforme à l'intérêt géneral, on sent qu'elles doivent, 
en conséquence, porter, sur les mêmes objets, des jugemens très-differens de ceux du Public. 
CH. VIII. De la différence des jugemens du Public, et de ceux des Sociétés particulieres, 94
Conséquemment à la difference qui se trouve entre l'intérêt du Public et celui des Sociétés particulieres, 
on prouve, dans ce Chapitre, que ces Sociétés doivent attacher une grande estime à ce qu'on appelle 
le bon ton et le bel usage. 
CH. IX. Du bon ton, et du bel usage, 100
Le Public ne peut avoir, pour ce bon ton et ce bel usage, la même estime que les Sociétés particulieres. 
CH. X. Pourquoi l'homme admiré du Public n'est pas toujours estimé des gens du monde, 108
On prouve qu'à cet égard la différence des jugemens du Public, et des Sociétés particuliers, tient à la 
difference de leurs intérêts. 
CH. XI. De la probité par rapport au Public, 115
En conséquence des principes ci-devant établis, on fait voir que l'intérêt géneral préside au jugement que 
le Public porte sur les actions des hommes. 
CH. XII. De l'Esprit par rapport au Public, 117
Il s'agit de prouver, dans ce Chapitre, que l’estime du Public pour les idees des hommes, est toujours 
proportionnée à l'intérêt qu'il a de les estimer. 
CH. XIII. De la probité par rapport aux siécles et aux Peuples divers, 127
L'objet qu'on se propose, dans ce Chapitre, c'est de montrer que les Peuples divers n'ont, dans tous 
les siécles et dans tous les Pays, jamais accordé le nom de vertueuses qu'aux actions ou qui étoient, 
ou du moins qu'ils croyoient utiles au Public. C'est pour jetter plus de jour sur cette matiere, 
qu'on distingue, dans ce même Chapitre, deux différentes especes de vertus. 
CH. XIV. Des vertus de préjugé, et des vraies vertus, 135
On entend ici, par vertus de préjugé, celles dont l'exacte observation ne contribue en rien au bonheur public; 
et, par vraies vertus, celles dont la pratique assure la félicité des Peuples. Conséquemment à ces deux 
differentes espéces de vertus, on distingue, dans ce même Chapitre, deux différentes espéces de corruption 
de moeurs; l'une Religieuse, et l'autre Politique: connoissance propre à repandre de nouvelles lumieres 
sur la Science de la Morale. 
CH. XV. De quelle utilité peut être à la Morale la connoissance des Principes établis dans les Chapitres 
précedens, 147
L'Objet de ce Chapitre est de prouver que c'est de la législation meilleure ou moins bonne que dépendent 
les vices ou les vertus des Peuples; et que la plûpart des Moralistes, dans la Peinture qu'ils font des vices, 
paroissent moins inspirés par l'amour du bien public, que par des intérêts personnels, ou des haines 
particulieres. 
CH. XVI. Des Moralistes hypocrites, 153
Développement des Principes précedens. 
CH. XVII. Des avantages que pourroient procurer aux hommes les "qui résultent des" Principes 
ci-dessus exposés, 157
Ces Principes donnent aux Particuliers, aux Peuples, et même aux Législateurs, des idées plus nettes de 
la vertu, facilitent les reformes dans les loix, nous apprennent que la science de la même morale n'est 
autre chose que la science de la législation; et nous fournissent enfin les moyens de rendre les Peuples 
plus heureux et les Empires plus durables. 
CH. XVIII. De l'esprit, consideré par rapport aux siécles et aux Pays divers, 165
Exposition de ce qu'on examine dans les Chapitres suivans. 
CH. XIX. Que l'estime pour les differens genres d'esprit est, dans chaque siecle, proportionnée à l'intérêt 
qu'on a de les estimer, 166
CH. XX. De l'esprit, considéré par rapport aux différens Pays, 183
Il s'agit conformément au Plan de ce discours, de montrer que l'intérêt est, chez tous les Peuples, 
le dispensateur de l'estime accordée aux idées des hommes; et que les Nations toujours fideles à l'intérêt 
de leur vanité, n'estiment, dans les autres Nations, que les idées analogues aux leurs. 
CH. XXI. Que le mépris respectif des Nations tient à l'intérêt de leur vanité, 192
Après avoir prouvé que les Nations méprisent, dans les autres, les Moeurs, les Coûtumes et les usages 
différens des leurs; on ajoute que leur vanité leur fait encore regarder comme un don de la Nature 
la supériorité que quelques-unes d'entr'elles ont sur les autres: supériorité qu'elles ne doivent qu'à 
la Constitution politique de leur Etat. 
CH. XXII. Pourquoi les Nations mettent au rang des dons de la nature les qualités qu'elles ne doivent qu'à 
la forme de leur Gouvernement, 199
On fait voir, dans ce Chapitre, que la vanité commande aux Nations comme aux Particuliers; 
que tout obéit à la loi de l'intérêt; et que, si les Nations, conséquemment à cet intérêt, n'ont point, 
pour la morale, l'estime qu'elles devroient avoir pour cette Science, c'est que la Morale, encore au berceau, 
semble n'avoir jusqu'à présent été d'aucune utilité à l'Univers. 
CH. XXIII. Des causes qui, jusqu'à présent, ont retardé les progrés de la morale, 204
CH. XXIV. Des moyens de perfectionner la Morale, 209
CH. XXV. De la probité par rapport à l'univers, 220
CH. XXVI. De l'esprit, par rapport à l'univers, 222
L'objet de ce Chapitre est de montrer qu'il est des idées utiles à l'univers; et que les idées de cette espéce 
sont les seules qui puissent nous faire obtenir l'estime des Nations. La conclusion génerale de ce Discours, 
c'est que l'intérêt ainsi qu'on s'étoit proposé de le prouver, est l'unique dispensateur de l' estime et 
du mépris attachés aux actions et aux idées des hommes.
DISCOURS III. SI L'ESPRIT DOIT ETRE CONSIDERE COMME UN DON DE LA NATURE,
OU COMME UN EFFET DE L'EDUCATION.
Pour résoudre ce Problême, on cherche dans ce Discours si la Nature a doué les hommes d'une égale aptitude 
à l'Esprit, ou si elle a plus favorisé les uns que les autres; et l'on examine si tous les hommes, 
communément bien organisés, n'auroient pas en eux la puissance Physique de s'élever aux plus hautes idées, 
lorsqu'ils ont des motifs suffisans pour surmonter la peine de l'application.
CHAPITRE PREMIER, 229
On fait voir, dans ce Chapitre, que, si la Nature a donné aux divers hommes d'inégales dispositions à l'Esprit, 
c'est en douant les uns, préferablement aux autres, d'un peu plus de finesse de sens, d'étendue de mémoire, 
et de capacité d'attention. La question réduite à ce point simple, on examine, dans les Chapitres suivans, 
quelle influence a sur l'esprit des hommes la différence qu'à cet égard la nature a pû mettre entr'eux. 
CH. II. De la finesse des sens, 234
CH. III. De l'étendue de la mémoire, 237
CH. IV. De l'inégale capacité d'attention, 246
On prouve, dans ce Chapitre, que la Nature a doué tous les hommes, communement bien organisés, 
du degré d'attention nécessaire pour s'élever aux plus hautes idées: on observe ensuite que l'attention 
est une fatigue et une peine à laquelle on se soustrait toujours, si l'on n'est animé d'une passion propre 
à changer cette peine en plaisir; qu'ainsi la question se réduit à savoir si tous les hommes sont, 
par leur nature, susceptibles de passions assez fortes pour les douer du degré d'attention auquel est 
attachée la supériorité de l'esprit. C'est pour parvenir à cette connoissance, qu'on examine, dans le 
Chapitre suivant, quelles sont les forces qui nous meuvent. 
CH. V. Des forces qui agissent sur notre ame, 262
Ces forces se reduisent à deux: l'une, qui nous est communiquée par des passions fortes; et l'autre, 
par la haine de l'ennui. Ce sont les effets de cette derniere force qu'on examine dans ce Chapitre. 
CH. VI. De la Puissance des Passions, 268
On prouve que ce sont les passions qui nous portent aux actions héroîques, et nous élevent aux plus 
grandes idées. 
CH. VII. De la supériorité d'esprit des gens passionnés sur les gens sensés, 275
CH. VIII. Que l'on devient stupide, dès qu'on cesse d'être passionné, 283
Après avoir prouvé que ce sont les passions qui nous arrachent à la paresse ou à l'inertie, 
et qui nous douent de cette continuité d'attention nécessaire pour s'élever aux plus hautes idees; 
il faut ensuite examiner si tous les hommes sont susceptibles de passions, et du degré de passion propre 
à nous douer de cette espece d'attention. Pour le découvrir il faut remonter jusqu'à leur origine. 
CH. IX. De l'origine des passions, 289
L'objet de ce Chapitre est de faire voir que toutes nos passions prennent leur source dans l'amour du plaisir, 
ou dans la crainte de la douleur, et, par conséquent, dans la sensibilité physique. On choisit, 
pour exemples en ce genre, les passions qui paroissent les plus indépendantes de cette sensibilité; 
c'est-à-dire, l'avarice, l'ambition, l'orgueil et l'amitié. 
CH. X. De l'avarice, 293
On prouve que cette passion est fondée sur l'amour du plaisir et la crainte de la douleur; 
et l'on fait voir comment, en allumant en nous la soif des plaisirs, l'avarice peut toujours nous en priver. 
CH. XI. De l'ambition, 297
Application des mêmes Principes, qui prouvent que les mêmes motifs qui nous font desirer les richesses, 
nous font rechercher les grandeurs. 
CH. XII. Si dans la poursuite des grandeurs, l'on ne cherche qu'un moyen de se soustraire à la douleur 
ou de jouir des plaisirs physiques, pourquoi le plaisir échappe t'il si souvent à l'ambitieux? 303
On répond à cette objection, et l'on prouve qu'à cet égard il en est de l'ambition comme de l'avarice. 
CH. XIII. De l'orgueil, 309
L'objet de ce Chapitre est de montrer qu'on ne desire d'être estimable que pour être estimé; 
et qu'on ne desire d'être estimé que pour jouir des avantages que l'estime procure: avantages qui se 
réduisent toujours à des plaisirs physiques. 
CH. XIV. De l'amitié, 314
Autre application des mêmes Principes. 
CH. XV. Que la crainte des peines ou le desir des plaisirs physiques peuvent allumer en nous toutes sortes 
de passions, 324
Après avoir prouvé, dans les Chapitres précedens, que toutes nos passions tirent leur origine de la 
sensibilité physique: pour confirmer cette vérité, on prouve, dans ce Chapitre, que, par le secours des 
plaisirs physiques, les Législateurs peuvent allumer dans les coeurs toutes sortes de passions. 
Mais, en convenant que tous les hommes sont susceptibles de passions, comme on pourroit supposer 
qu'ils ne sont pas du moins susceptibles du degré de passions nécessaire pour les élever aux plus hautes idées, 
et qu'on pourroit apporter en exemple de cette opinion l'insensibilité de certaines Nations aux passions 
de la gloire et de la vertu; on prouve que l'indifference de certaines Nations, à cet égard, 
ne tient qu'à des causes accidentelles, telles que la forme differente des Gouvernemens. 
CH. XVI. A quelle cause on doit attribuer l'indifference de certains peuples pour la vertu, 330
Pour résoudre cette question, on examine, dans chaque homme, le mêlange de ses vices et de ses vertus, 
le jeu de ses passions, l'idée qu'on doit attacher au mot vertueux; et l'on découvre que ce n'est point 
à la nature, mais à la législation particuliere de quelques Empires, qu'on doit attribuer l'indifference 
de certains Peuples pour la vertu. C'est pour jetter plus de jour sur cette matiere, que l'on considere, 
en particulier, et les Gouvernemens despotiques et les Etats libres, et enfin les differens effets que 
doit produire la forme différente de ces Gouvernemens. L'on commence par le Despotisme; et, pour en mieux 
connoître la Nature, on examine quel motif allume dans l'homme le désir effrené du pouvoir arbitraire. 
CH. XVII. Du dêsir que tous les hommes ont d'être Despotes, des moyens qu'ils emploient pour y parvenir, 
et du danger auquel le Despotisme expose les Rois, 340
CH. XVIII. Principaux effets du Despotisme, 346
On prouve, dans ce Chapitre, que les Vizirs n'ont aucun intérêt de s'instruire, ni de supporter la censure; 
que ces Vizirs, tirés du corps des Citoyens, n'ont, en entrant en place, aucuns principes de justice et 
d'administration; et qu'ils ne peuvent se former des idées nettes de la vertu. 
CH. XIX. Le mêpris et l'avilissement où sont les Peuples entretient l'ignorance des Vizirs; second effet 
du Despotisme, 351
CH. XX. Du mépris de la vertu et de la fausse estime qu'on affecte pour elle: troisiéme effet du Despotisme, 355
On prouve que, dans les Empires despotiques, on n'a réellement que du mépris pour la vertu, et qu'on 
n'en honore que le nom. 
CH. XXI. Du renversement des Empires soumis au pouvoir arbitraire: quatriéme effet du Despotisme, 360
Après avoir montré, dans l'abrutissement et la bassesse de la plûpart des Peuples soumis au pouvoir arbitraire, 
la cause du renversement des Empires despotiques, l'on conclut, de ce qu'on a dit sur cette matiere, 
que c'est uniquement de la forme particuliere des Gouvernemens que dépend l'indifference de certains Peuples 
pour la vertu: et, pour ne laisser rien à desirer sur ce sujet, l'on examine, dans les Chapitres suivans, 
la cause des effets contraires. 
CH. XXII. De l'amour de certains Peuples pour la gloire et pour la vertu, 364
On fait voir, dans ce Chapitre, que cet amour pour la gloire et pour la vertu dépend, dans chaque Empire, 
de l'adresse avec laquelle le Législateur y unit l'intérêt particulier à l'intérêt géneral, 
union plus facile à faire dans certains pays que dans d'autres. 
CH. XXIII. Que les Nations pauvres ont toujours été et plus avides de gloire, et plus fécondes en grands hommes, 
que les Nations opulentes, 368
On prouve, dans ce Chapitre, que la production des grands hommes est, dans tout pays, l'effet nécessaire 
des recompenses qu'on y assigne aux grands talens et aux grandes vertus; et que les talens et les vertus 
ne sont, nulle part, aussi recompensés que dans les Républiques pauvres et guerrieres. 
CH. XXIV. Preuve de cette vérité, 372
Ce Chapitre ne contient que la preuve de la Proposition énoncée dans les Chapitre précedens. On en tire 
cette conclusion: c'est qu'on peut appliquer à toute espece de passions ce qu'on dit, dans ce même Chapitre, 
de l'amour ou de l'indifference de certains Peuples pour la gloire et pour la vertu: d'où l'on conclut 
que ce n'est point à la nature qu'on doit attribuer ce degré inégal de passions, dont certains 
Peuples paroissent susceptibles. On confirme cette verité en prouvant, dans les Chapitres suivans, 
que la force des passions des hommes est toujours proportionnée à la force des moyens employés pour les exciter. 
CH. XXV. Du rapport exact entre la force des passions et la grandeur des récompenses qu'on leur propose 
pour objet, 376
Après avoir fait voir l'exactitude de ce rapport, on examine à quel degré de vivacité on peut porter 
l'enthousiasme des passions. 
CH. XXVI. De quel degré de passion les hommes sont susceptibles, 383
On prouve, dans ce Chapitre, que les passions peuvent s'exalter en nous jusqu'à l'incroyable; 
et que tous les hommes, par consequent, sont susceptibles d'un degré de passion plus que suffisant pour 
les faire triompher de leur paresse, et les douer de la continuité d'attention à laquelle est attachée 
la superiorité d'esprit: qu'ainsi la grande inégalité d'esprit qu'on apperçoit entre les hommes dépend et 
de la differente éducation qu'ils reçoivent et de l'enchainement inconnu des diverses circonstances dans 
lesquelles ils se trouvent placés. Dans les Chapitres suivans, on examine si les faits se 
rapportent aux principes. 
CH. XXVII. Du rapport des faits avec les principes ci-dessus établis, 389
Le premier objet de ce Chapitre est de montrer que les nombreuses circonstances, dont le concours est 
absolument necessaire pour former des hommes illustres, se trouvent si rarement réunies, qu'en supposant, 
dans tous les hommes, d'égales dispositions à l'esprit, les Génies du premier ordre seroient encore aussi 
rares qu'ils le sont. On prouve de plus, dans ce même Chapitre, que c'est uniquement dans le Moral 
qu'on doit chercher la véritable cause de l'inégalité des esprits; qu'en vain on voudroit l'attribuer à la 
différente temperature des climats; et qu'en vain l'on essaieroit d'expliquer par le Physique une infinité 
de Phénomenes politiques qui s'expliquent très-naturellement par les causes morales. Telles sont les conquêtes 
des Peuples du Nord, l'esclavage des Orientaux, le génie allégorique de ces mêmes Peuples; 
et enfin la supériorité de certaines Nations dans certains genres de sciences ou d'arts. 
CH. XXVIII. Des conquétes des peuples du Nord, 393
Il s'agit, dans ce Chapitre, de faire voir que c'est uniquement aux causes morales qu'on doit attribuer 
les conquêtes des Septentrionaux. 
CH. XXIX. De l'esclavage, et du génie allégorique des Orientaux, 401
Application des mêmes Principes. 
CH. XXX. De la superiorité que certains Peuples ont eu dans les divers genres de sciences ou d'arts, 409
Les Peuples qui se sont le plus illustrés par les arts et les sciences, sont les Peuples chez lesquels 
ces mêmes arts et ces mêmes sciences ont été le plus honorés: ce n'est donc point dans la différente 
température des climats, mais dans les causes morales, qu'on doit chercher la cause de l'inégalité des esprits. 
La conclusion générale de ce Discours, c'est que tous les hommes, communément bien organisés, 
ont en eux la puissance physique de s'élever aux plus hautes idées; et que la différence d'esprit qu'on 
remarque entr'eux, dépend des diverses circonstances dans lesquelles ils se trouvent placés, 
et de l'éducation différente qu'ils reçoivent. Cette conclusion fait sentir toute l'importance de l'éducation.
DISCOURS IV. DES DIFFERENS NOMS DONNES A L'ESPRIT.
Pour donner une connoissance exacte de l'esprit et de sa nature, on se propose, dans ce Discours, 
d'attacher des idées nettes aux divers noms donnés à l'esprit.
CHAPITRE PREMIER, Du Génie, 419
CH. II. De l'imagination et du sentiment, 428
CH. III. De l'Esprit, 442
CH. IV. De l'esprit fin, de l'esprit fort, 446
CH. V. De l'esprit de lumiere, de l'esprit étendu, de l'esprit pénétrant, et du goût, 459
CH. VI. Du bel esprit, 467
CH. VII. De l'esprit du siecle, 473
CH. VIII. De l'esprit juste, 482
On prouve, dans ce Chapitre, que, dans les questions compliquées, il ne suffit pas, pour bien voir, 
d'avoir l'esprit juste: qu'il faudroit encore l'avoir étendu: qu'en général les hommes sont sujets à 
s'énorgueillir de la justesse de leur esprit, à donner à cette justesse la préférence sur le genie: 
qu'en conséquence, ils se disent supérieurs aux gens à talens; croient, dans cet aveu, simplement se 
rendre justice; et ne s'apperçoivent point qu'ils sont entraînés à cette erreur par une méprise de sentiment 
commune à presque tous les hommes, méprise dont il est sans doute utile de faire appercevoir les causes. 
CH. IX. Méprise de sentiment, 490
Ce Chapitre n'est proprement que l'exposition des deux Chapitres suivans. On y montre seulement combien 
il est difficile de se connoître soi-même. 
CH. X. Combien l'on est sujet à se méprendre sur les motifs qui nous déterminent, 491
Développement du Chapitre précédent. 
CH. XI. Des Conseils, 501
Il s'agit d'examiner, dans ce Chapitre, pourquoi l'on est si prodigue de conseils, si aveugle sur les motifs 
qui nous déterminent à les donner; et dans quelles erreurs enfin l'ignorance où nous sommes de nous-mêmes 
à cet égard, peut quelquefois précipiter les autres. On indique, à la fin de ce Chapitre, 
quelques-uns des moyens propres à nous faciliter la connoissance de nous-mêmes. 
CH. XII. Du bon sens, 510
CH. XIII. Esprit de conduite, 514
CH. XIV. Des qualités exclusives de l'esprit et de l'ame, 523
Après avoir essayé, dans les Chapitres précédens, d'attacher des idées nettes à la plûpart des noms donnés 
à l'esprit; il est utile de connoître quels sont et les talens de l'esprit qui, de leur nature, 
doivent réciproquement s'exclurre, et les talens que des habitudes contraires rendent pour ainsi dire inalliables. 
C'est l'objet qu'on se propose d'examiner dans ce Chapitre et dans le Chapitre suivant où l'on s'applique 
plus particulierement à faire sentir toute l'injustice dont le public use, à cet égard, 
envers les hommes de génie. 
CH. XV. De l'injustice du Public à cet égard, 534
On ne s'arrête, dans ce Chapitre, à considérer les qualités qui doivent s'exclurre réciproquement, 
que pour éclairer les hommes sur les moyens de tirer le meilleur parti possible de leur esprit. 
CH. XVI. Méthode pour découvrir le genre d'étude auquel l'on est le plus propre, 545
Cette méthode indiquée, il semble que le plan d'une excellente éducation devroit être la conclusion nécessaire 
de cet ouvrage: mais ce plan d'éducation, peut-être facile à tracer, seroit, comme on le verra dans 
le Chapitre suivant, d'une exécution très-difficile. 
CH. XVII. De l'éducation, 553
On prouve, dans ce Chapitre, qu'il seroit sans doute très utile de perfectionner l'éducation publique; 
mais qu'il n'est rien de plus difficile; que nos moeurs actuelles s'opposent, en ce genre, 
à toute espece de réforme; que, dans les Empires vastes et puissans, on n'a pas toujours un besoin urgent 
de grands hommes; qu'en conséquence, le gouvernement ne peut arrêter longtems ses regards sur cette partie 
de l'administration. On observe cependant, à cet égard, que dans les Etats monarchiques, tels que le nôtre, 
il ne seroit pas impossible de donner le plan d'une excellente éducation; mais que cette entreprise seroit 
absolument vaine dans des Empires soumis au Despotisme, tels que ceux de l'Orient.
 
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