Corpus des Œuvres de Philosophie en Langue française

 

HELVÉTIUS
DE L'HOMME, DE SES FACULTÉS INTELLECTUELLES
ET DE SON ÉDUCATION
[TOME I]
PRÉFACE
9
INTRODUCTION
41
Chap. I. . Des points de vue divers sous lesquels on peut considérer l'homme: de ce que peut sur lui l'éducation
Chap. II. . Importance de cette question. De quelle utilité peut être son examen
Chap. III. . De la fausse science ou de l'ignorance acquise. Des obstacles qu'elle met à la perfection de l'éducation
Chap. IV De la sécheresse de ce sujet et de la difficulté de le traiter
SECTION I
55
Que l'éducation nécessairement différente des différens hommes est peut-être la cause de cette inégalié des esprits,
jusqu'à présent attribuée à l'inégale perfection des organes
Chap. I. Nul ne reçoit la même éducation
55
Chap. II. Du moment où commence l'éducation
57
Chap. III. Des Instituteurs de l'Enfance. Que ces Instituteurs ne sont pas précisément les mêmes pour personne, 
que nul par conséquent ne peut avoir le même esprit. De la sensation différente qu'excitent quelquefois en nous 
les mêmes objets
59
Chap. IV. De la différente impression des objets sur nous
63
Chap. V. De l'éducation des Colleges. Qu'elle n'est pas la même pour tous
65
Chap. VI. De l'éducation domestique. Qu'elle n'est la même pour aucun
67
Chap. VII. De l'éducation de l'Adolescence. Que cette éducation plus dépendante du hazard que celle de l'enfance, 
est par conséquent encore moins la même pour chacun
69
Chap. VIII. Des hazards auxquels nous devons souvent les hommes illustres. Des bornes à mettre à l'empire du hazard. 
De la contradiction de tous les préceptes de l'éducation
73
Chap. IX. Des causes principales de cette contradiction
81
Chap. X. Exemple des idées ou préceptes contradictoires reçus dans la première jeunesse. Que cette contradiction est 
l'effet de l'opposition qui se trouve entre l'intérêt des Prêtres et celui des Peuples. Que toute fausse Religion est 
ennemie du bien public
87
Chap. XI. Des fausses Religions. Qu'entre les fausses Religions, on doit compter le Papisme
85
Chap. XII. Que le Papisme est d'institution humaine. Que le Papisme est une Religion locale, qu'on en peut concevoir 
une qui devÎnt universelle
97
Chap. XIII. De la Religion universelle. Qu'une telle Religion est simple et n'est autre chose que la meilleure 
Législation possible. Qu'il n'en est pas de même des Religions mystérieuses. Quelles sont celles dont l'établissement 
seroit le moins funeste?
101
Chap. XIV. Des conditions sans lesquelles une Religion est destructive du bonheur national
105
Chap. XV. Parmi les fausses Religions, quelles ont été les moins nuisibles au bonheur des sociétés? Il résulte des 
diverses questions traitées dans ce Chapitre et les précédens, qu'en supposant dans tous les hommes une égale aptitude 
à l'esprit, la seule différence de leur éducation, en produiroit nécessairement une grande dans leurs idées et leurs 
talens. D'où je conclus que l'inégalité actuelle aperçue entre tous les esprits, ne peut être regardée dans les hommes 
communément bien organisés, comme une preuve démonstrative de leur inégale aptitude à en avoir
111
Notes
117
SECTION II
139
Que tous les hommes communément bien organisés ont une égale aptitude à l'esprit
Chap. I. Que toutes nos idées nous viennent par les Sens: qu'en conséquence l'on a pu regarder l'esprit comme un 
effet de la plus ou moins grande finesse de l'organisation. Que pour prouver la fausseté de cette opinion, il faut 
avoir une idée nette du mot esprit et pour cet effet le distinguer de ce qu'on appelle ame
139
Chap. II. Différence entre l'esprit et l'ame
145
Chap. III. Sur quels objets l'esprit agit
155
Chap. IV. Comment l'esprit agit. Que toutes ses opérations se réduisent à l'observation des ressemblances et des 
différences, des convenances et des disconvenances des divers objets entr'eux et avec nous. Que tout jugement prononcé 
d'après la comparaison des objets physiques, n'est qu'une pure sensation; qu'il en est de même de tout jugement porté 
sur les idées abstraites, collectives, etc.
157
Chap. V. Des jugemens qui résultent de la comparaison des idées abstraites, collectives, etc.
Que cette comparaison suppose attention, peine, par conséquent intérêt pour se la donner
161
Chap. VI. Point d'intérêt, point de comparaison des objets entr'eux. Que tout intérêt prenant sa source dans la 
sensibilité physique, tout dans l'homme se réduit à sentir
167
Chap. VII. Que la sensibilité physique est la cause unique de nos actions, de nos pensées, de nos passions, et de 
notre sociabilité
171
Chap. VIII. De la sociabilité
181
Chap. IX. Justification des principes admis dans le Livre de l'Esprit
187
Chap. X. Que les plaisirs des Sens sont à l'insu même des Nations leur plus puissant moteur.Que la supériorité des esprits
est indépendante et de la plus ou moins grande finesse des sens, et de la plus ou moins grande étendue de la mémoire
191
Chap. XI. De l'inégale étendue de la mémoire. Que la grande mémoire ne constitue pas le grand génie
197
Chap. XII. De l'inégale perfection des organes des Sens. Que ce n'est point à leur extrême finesse qu'est attachée la 
plus ou moins grande supériorité des esprits. Qu'en fait de sensations, si les hommes different, ce n'est du moins que 
dans la nuance de ces mêmes sensations
201
Chap. XIII. De la maniere différente de sentir
211
Chap. XIV. Que la différence apperçue entre nos sensations, n'a nulle influence sur les esprits
217
Chap. XV. De l'esprit.  Des idées qu'on doit attacher à ce mot
221
Chap. XVI. Cause de la différence des opinions en Morale, Politique et Métaphysique. Que cette différence est l'effet 
de la signification incertaine et vague des mots. Je choisis pour exemple ceux de Bon, d'Intérêt, et de Vertu
227
Chap. XVII. Que le mot de Vertu rappelle au Clergé l'idée de sa propre utilité
237
Chap. XVIII. Des idées différentes que les divers Peuples se sont formées de la Vertu
243
Chap. XIX. Du seul moyen de fixer la signification incertaine des mots. Qu'il n'y a qu'une Nation qui puisse faire usage 
de ce moyen. Qu'il consiste à consigner dans un Dictionnaire l'idée précise de chaque mot. Que les mots une fois définis,
les propositions de Morale, de Politique et de Métaphysique, deviendroient aussi démontrables que les vérités Géométriques.
Que les hommes adoptant alors les mêmes principes, parviendroient d'autant plus sûrement aux mêmes conséquences,
que la combinaison des mêmes objets, ou dans le monde physique comme le prouve la Géométrie,ou dans le monde 
intellectuel, comme le prouve la Métaphysique, leur a toujours donné les mêmes résultats
247
Chap. XX. Que les excursions des hommes et leurs découvertes dans les Royaumes intellectuels ont toujours été à peu près 
les mêmes. Contes des fées, premiere preuve de cette vérité. Contes philosophiques, seconde preuve de cette vérité. 
Contes religieux, troisieme preuve de cette vérité. Que tous ces divers contes ont conservé entr'eux la plus grande 
ressemblance
251
Chap. XXI. Impostures des ministres des fausses Religions. Qu'elles ont par-tout été les mêmes; 
que les Prêtres ont par les mêmes moyens par-tout accru leur puissance
261
Chap. XXII. De l'uniformité des moyens par lesquels les Ministres des fausses Religions conservent leur autorité.
Il résulte de la comparaison des faits cités dans cette Section, que la finesse plus ou moins grande des sens,
ne changeant en rien la proportion dans-laquelle les objets nous frappent, tous les hommes communément bien
organisés ont une égale aptitude à l'esprit: vérité facile à prouver par un autre enchaÎnement de propositions
Chap. XXIII. Point de vérité qui ne soit réductible à un fait. Que tout fait simple est à la portée 
des Esprits les plus communs; qu'en conséquence il n'est point de vérité, soit découverte, soit à découvrir, 
à laquelle ne puissent atteindre les hommes communément bien organisés
269
Chap. XXIV. Que l'esprit nécessaire pour saisir les vérités déjà connues, suffit pour s'élever aux inconnues. 
Que si tous les hommes communément bien organisés peuvent percer jusqu'aux plus hautes vérités, 
tous ont par conséquent une égale aptitude à l'esprit. Telle est la conclusion de la seconde Section
275
Notes
277
SECTION III
309
Des causes de l'inégalité des Esprits
Chap. I. Quelles sont ces causes. Qu'elles se réduisent à deux. L'une est le desir inégal que les hommes 
ont de s'instruire. L'autre est la différence de leur position; d'où résulte celle de leur instruction
309
Chap. II. Que toute idée neuve est un don du hazard. Que l'influence du hazard sur notre éducation 
est plus considérable qu'on ne l'imagine: qu'on peut cependant diminuer cette influence
311
Chap. III. Des limites à poser au pouvoir du hazard. Que le hazard nous présente une infinité d'idées; 
que ces idées sont stériles si l'attention ne les féconde. Que l'attention est toujours l'effet d'une passion, 
telle est celle de la gloire, de la vérité, etc.
315
Chap. IV. De la seconde cause de l'inégalité des Esprits. Que les hommes doivent aux passions l'attention propre 
à féconder les idées que le hazard leur offre; que l'inégalité de leur esprit dépend en partie de l'inégale force 
de leurs passions. Que la force inégale des passions est par quelques-uns regardée comme l'effet d'une certaine 
organisation et par conséquent comme un pur don de la Nature
317
Notes
321
SECTION IV
323
Que les hommes communément bien organisés sont tous susceptibles du même degré de passion: leur force inégale 
est toujours en eux l'effet de la différence des positions où le hazard nous place; que le caractère original 
de chaque homme (comme l'observe Pascal) n'est que le produit de ses premières habitudes
Chap. I. Du peu d'influence de l'organisation, et du tempérament sur les passions et le caractère des hommes
323
Chap. II. Des changemens survenus dans le caractère des Peuples, et des causes qui les ont produits
327
Chap. III. Des changemens survenus dans le caractère des particuliers. Qu'ils sont l'effet d'un changement dans 
leur position, leur intérêt et dans les idées qu'en conséquence leur suggère le sentiment de l'amour d'eux-mêmes
333
Chap. IV. De l'amour de soi. 
Que ce sentiment effet nécessaire de la sensibilité physique est commun à tous les hommes: qu'il allume en tous 
le désir du pouvoir. Que ce désir, comme je le montre dans les Chapitres suivans, y engendre l'envie, l'amour des 
richesses, des honneurs, de la gloire, de la considération, de la justice, de la vertu, de l'intolérance, enfin 
toutes les passions factices dont l'existence suppose celle des sociétés. Que ces diverses passions propres à 
mettre en action l'égale aptitude que tous les hommes ont à l'esprit, ne sont réellement en eux que le désir du 
pouvoir déguisé sous des noms différens
337
Chap. V. De l'amour des richesses et de la gloire. Effet immédiat du pouvoir
339
Chap. VI. De l'envie. Effet immédiat de l'amour du pouvoir
343
Chap. VII. De la Justice
349
Chap. VIII. De la Justice considérée dans l'homme
351
Chap. IX. De la Justice considérée dans l'homme et les peuples policés
355
Chap. X. Que le particulier comme les Nations n'estime dans la justice que la considération 
et le pouvoir qu'elle lui procure
359
Chap. XI. Que l'amour du pouvoir dans toute espece de gouvernement est le seul moteur des hommes
361
Chap. XII. De la vertu. Effet immédiat de l'amour du pouvoir
367
Chap. XIII. De la maniere dont la plupart des Européens considerent la vertu. Que s'ils l'honorent dans la 
spéculation, c'est un effet de leur éducation. Que s'ils la méprisent dans la pratique, c'est un effet de 
la forme de leur gouvernement. Que leur amour pour la vertu est toujours proportionné à l'intérêt qu'ils ont 
de la pratiquer. D'où il suit que c'est toujours au desir du pouvoir et de la considération qu'il faut 
rapporter l'amour pour la vertu
371
Chap. XIV. Que l'amour du pouvoir est dans l'homme la disposition la plus favorable à la vertu
375
Chap. XV. De l'intolérance civile. Effet immédiat de l'amour du pouvoir. Que cette intolérance présage la 
ruine des Empires
377
Chap. XVI. Que l'intolérance est souvent fatale aux Princes
381
Chap. XVII. Que la flatterie n'est pas moins agréable aux peuples qu'aux Souverains
387
Chap. XVIII. De l'intolérance Religieuse. Effet immédiat de l'amour du pouvoir
393
Chap. XIX. L'intolérance et la persécution ne sont pas de commandement divin
397
Chap. XX. L'intolérance fondement de la grandeur du Clergé
401
Chap. XXI. Impossibilité d'étouffer dans l'homme le sentiment de l'intolérance: moyen de s'opposer à ses effets. 
Qu'on peut d'après ce que j'ai dit tirer cette conclusion, c'est que toutes les passions factices ne sont 
proprement en nous que l'amour du pouvoir déguisé sous des noms différens, et que cet amour de la puissance 
n'est lui-même qu'un pur effet de la sensibilité physique
407
Chap. XXII. Généalogie des passions. Qu'il suit de cette généalogie que tous les hommes communément bien organisés 
sont susceptibles de l'espece de passion propre à mettre en action l'égale aptitude qu'ils ont à l'esprit. 
Mais ces passions peuvent-elles s'allumer aussi vivement dans tous? Ma réponse à cette objection, c'est qu'une 
passion telle, par exemple, que l'amour de la gloire peut s'exalter dans l'homme au même degré de force 
que le sentiment de l'amour de lui-même
411
Chap. XXIII. De la force du sentiment de l'amour de soi. Que la force de ce sentiment est dans tous les hommes 
plus que suffisant pour le douer du degré d'attention qu'exige la découverte des plus hautes vérités
413
Chap. XXIV. Que la découverte des grandes idées est l'effet de la constance dans l'attention. Il résulte de cette 
Section que l'inégalité des esprits ne peut être dans les hommes communément bien organisés qu'un pur effet de la 
différence de leur éducation, dans laquelle différence je comprends celle des positions où le hazard les place
Notes
421
SECTION V
453
Des erreurs et contradictions de ceux dont les principes différens des miens, rapportent à l'inégale perfection 
des organes des sens, l'inégale supériorité des esprits. Que nul n'ayant sur ce sujet mieux écrit que M. Rousseau, 
je le prends pour exemple de ce que j'avance.
Chap. I. Contradictions de l'auteur de l'Emile sur les causes de l'inégalité des esprits. 
Qu'il résulte de ses contradictions que la justice et la vertu sont des acquisitions
455
Chap. II. De l'esprit et du talent
461
Chap. III. De la bonté de l'homme au berceau
465
Chap. IV. Que l'homme de la Nature doit être cruel. Que son humanité est toujours le produit ou de sa crainte, 
ou de son éducation
473
Chap. V. Que M. Rousseau croit tour-à-tour l'éducation utile et inutile
477
Chap. VI. De l'heureux usage qu'on peut faire dans l'éducation publique de quelques idées de M. Rousseau. 
Que d'après cet Auteur il ne faut pas croire l'enfance et l'adolescence sans jugement
483
Chap. VII. Des prétendus avantages de l'âge mûr sur l'adolescence
489
Chap. VIII. Des éloges donnés par M. Rousseau à l'ignorance
493
Chap. IX. Quels motifs ont pu engager M. Rousseau à se faire l'Apologiste de l'ignorance. Que les talens et les 
lumieres ne corrompent point les mœurs des peuples
499
Chap. X. Des causes de la décadence des Empires
503
Chap. XI. Que la culture des arts et des sciences dans un Empire despotique en retarde la ruine. Que les erreurs, 
les contradictions de M. Rousseau et de quiconque adopte ses principes confirment cette vérité, que l'homme est 
le produit de son éducation. Que la culture de cette science est utile au Public et sa non-culture funeste
509
Notes
513
[TOME II]
SECTION VI
527
Des maux produits par l'ignorance; que l'ignorance n'est point destructive de la mollesse; qu'elle n'assure point 
la fidélité des sujets; qu'elle juge sans examen les questions les plus importantes. Des malheurs où de tels jugemens 
peuvent quelquefois précipiter une Nation. Du mépris et de la haine qu'on doit aux protecteurs de l'ignorance
Chap. I. De l'ignorance et de la mollesse des peuples
527
Chap. II. Que l'ignorance n'assure point la fidélité des sujets. Qu'elle s'oppose à toute réforme utile dans les 
Gouvernemens. Qu'elle y éternise les abus et rend les hommes incapables de cette attention opiniâtre qu'exige 
l'examen de la plupart des questions politiques. La question du luxe prise pour exemple. Qu'on ne peut la résoudre 
sans un certain nombre d'observations et sans attacher d'abord des idées nettes à ce mot Luxe
533
Chap. III. De la question du luxe
535
Chap. IV. Si le luxe est nécessaire et utile
537
Chap. V. Du luxe et de la tempérance. Si la plupart des maux dont on accuse le luxe ne seroient point l'effet, 
et du partage trop inégal des richesses Nationales, et de la division des intérêts des Citoyens. Que pour s'assurer 
de ce fait, il faut remonter aux premiers motifs qui déterminerent les hommes à se réunir en sociétés
539
Chap. VI. De la formation des peuplades
545
Chap. VII. De la multiplication des hommes et de ses effets
549
Chap. VIII. Division des intérêts des citoyens produite par leur multiplication
553
Chap. IX. Du partage trop inégal des richesses Nationales. Des effets de ce partage
559
Chap. X. Cause de la trop grande inégalité des fortunes des citoyens. Qu'elle est une suite nécessaire de 
l'introduction de l'argent dans un Etat
563
Chap. XI. Des moyens de s'opposer à la réunion trop rapide des richesses en peu de mains
565
Chap. XII. Des pays où l'argent n'a point cours
567
Chap. XIII. Quels sont en de tels pays les principes productifs de la vertu
571
Chap. XIV. Des pays où l'argent a cours
575
Chap. XV. Du moment où les richesses se retirent d'elles-mêmes d'un Empire. Que les Citoyens y restent sans principe
d'action
577
Chap. XVI. Des divers principes d'activité des Nations
579
Chap. XVII. De l'argent considéré comme un de ces principes d'activité. Des maux qu'occasionne l'amour de l'argent. 
Si dans l'état actuel de l'Europe le Magistrat éclairé doit desirer le trop prompt affoiblissement d'un tel principe 
d'activité
581
Chap. XVIII. Que ce n'est point dans sa cause productrice qu'on doit chercher le principe destructeur des Empires. 
Qu'il suit de l'examen peut-être encore superficiel de cette question du luxe, qu'on ne peut apporter trop de soins 
à l'examen de toute question de cette espece, et que l'ignorance est d'autant plus funeste aux Nations que c'est 
uniquement de la bonté de leur Loix que dépend leur bonheur
583
Notes
585
SECTION VII
601
Que les vertus et le bonheur d'un peuple sont l'effet, non de la sainteté de sa Religion, mais de la sagesse de ses Loix
Chap. I. Du peu d'influence des Religions sur les vertus et la félicité des peuples
601
Chap. II. De l'esprit religieux, destructif de l'esprit législatif
607
Chap. III. Quelle espece de Religion seroit inutile. Que ce seroit celle qui forceroit les hommes à s'éclairer. 
Que l'inconséquence et le crime est dans presque tous les hommes l'effet de l'ignorance
611
Chap. IV. De la Religion Papiste. Que plus de conséquence dans les esprits la rendroit plus nuisible. Que les principes 
spéculatifs ont heureusement peu d'influence sur la conduite des hommes; qu'ils la règlent sur les Loix et non sur 
leur croyance. Que le gouvernement des Jésuites en est une preuve
613
Chap. V. Du gouvernement des Jésuites. Des moyens qu'il leur fournit de faire trembler les Rois et d'exécuter 
les plus grands attentats
619
Chap. VI. Des diverses causes des grands attentats
625
Chap. VII. Des attentats commis par l'amour de la gloire ou de la patrie
627
Chap. VIII. Des attentats commis par l'ambition
629
Chap. IX. Des attentats commis par le fanatisme
631
Chap. X. Du moment où l'intérêt des Jésuites leur commande un grand attentat. Quelle Secte on pouvoit leur opposer
633
Chap. XI. Que le Jansénisme seul pouvoit détruire les Jésuites. Qu'on doit aux Jésuites la connoissance de ce que 
peut la Législation. Que pour la faire parfaite il faut, ou comme un St. BenoÎt, avoir un Ordre religieux, ou comme 
un Romulus ou un Pen, avoir un empire, ou une colonie à fonder. Qu'en toute autre position, on peut proposer, mais 
difficilement établir d'excellentes Loix
639
Chap. XII. Examen de cette vérité. Je trouve qu'il n'est rien d'impossible aux Loix, mais que pour fixer le degré 
auquel elles peuvent porter la félicité des Peuples, il faut préliminairement connoÎtre ce qui constitue le bonheur 
de l'Individu
641
Notes
645
SECTION VIII
659
De ce qui constitue le bonheur des Individus: de la base sur laquelle on doit édifier la félicité Nationale 
nécessairement composée de toutes les félicités particulieres
Chap. I. Tous les hommes dans l'état de société peuvent-ils également être heureux. Que la solution de cette 
question suppose la connoissance des occupations différentes dans lesquelles les hommes consomment les diverses 
parties de la journée
659
Chap. II. De l'emploi du tems. Que cet emploi est à peu près le même dans toutes les professions; que tous les 
hommes par conséquent pourroient être également heureux
661
Chap. III. Des causes du malheur de presque toutes les Nations. Que le défaut de bonnes Loix, que le partage trop 
inégal des richesses Nationales, sont les causes de ce malheur presqu'universel: mais est-il possible de mettre 
les Citoyens dans l'état d'aisance requis pour leur bonheur
665
Chap. IV. Qu'il est possible de donner plus d'aisance aux citoyens. Que c'est à l'imperfection des Loix 
qu'on doit souvent la soif insatiable de l'or
667
Chap. V. Du desir excessif des richesses.  Qu'entre ces motifs un des plus puissants, c'est l'ennui
669
Chap. VI. De l'ennui
673
Chap. VII. Des moyens inventés par les oisifs pour se soustraire à l'ennui
675
Chap. VIII. De l'influence de l'ennui sur les moeurs des Nations. Du ressort qu'il donna à la jalousie Espagnole 
et Portugaise: de la part qu'il eut à la création des Sigisbées, à l'institution de l'ancienne Chevalerie. 
Que pour se soustraire à l'ennui, il faut acheter le plaisir par quelque peine
677
Chap. IX. De l'acquisition plus ou moins difficile des plaisirs, selon le Gouvernement où l'on vit et le poste 
qu'on occupe dans un Etat. Je prends le plaisir de l'Amour pour exemple
681
Chap. X. Qu'il faut à l'oisif une MaÎtresse coquette ou prude
683
Chap. XI. De la variété des Romans et de l'amour dans l'homme oisif ou occupé. Que l'oisiveté qui pese à tous, 
fait chercher un remede à l'ennui
685
Chap. XII. De la Religion et de ses cérémonies considérées comme remede à l'ennui. Que le seul remede efficace 
sont des sensations vives et distinctes. De là notre amour pour l'Eloquence, la Poésie, enfin pour tous les Arts 
d'agrémens, dont l'objet est d'exciter en nous ces sortes de sensations, et dont les regles ne sont que les moyens 
d'opérer en effet
687
Chap. XIII. Des arts d'agrémens, et de ce qu'en ce genre l'on appelle le Beau
689
Chap. XIV. Du Sublime. De ce qui le constitue
693
Chap. XV. De la variété et simplicité requise dans tous les Ouvrages, surtout dans les ouvrages d'agrémens
701
Chap. XVI. De la Loi de continuité. Qu'on doit à l'observation de cette Loi des sensations d'autant plus vives 
qu'elles sont plus distinctes
703
Chap. XVII. De la clarté du style. Que cette clarté concourt à la production du même effet: sur quoi j'observe 
qu'en général la forte impression faite sur nous par les Ouvrages des Arts, dépend moins d'une imitation exacte 
que d'une imitation perfectionnée de la Nature
705
Chap. XVIII. De l'imitation perfectionnée de la Nature. Qu'une imitation suppose dans l'homme le pouvoir 
d'abstraire d'un objet ce qu'il a de défectueux
709
Chap. XIX. Du pouvoir d'abstraire. Qu'il fournit aux Artistes les moyens d'imiter la Nature en l'embellissant
713
Chap. XX. De l'impression des Arts d'agrémens sur l'opulent oisif.  Qu'ils ne peuvent l'arracher à son ennui. 
Que les plus riches sont en général les plus ennuyés; parce qu'ils sont passifs dans presque tous leurs plaisirs
719
Chap. XXI. De l'état actif et passif de l'homme. Que les plaisirs où l'homme est passif sont en général, 
et les plus courts, et les plus coûteux
721
Chap. XXII. Que c'est aux riches que se fait le plus vivement sentir le besoin des richesses. Que presque tous 
croupissent dans la paresse, faute d'avoir contracté de bonne heure l'habitude du travail
723
Chap. XXIII. De la puissance de la paresse. Qu'elle est souvent dans l'homme le principe de ses vices et ses malheurs
727
Chap. XXIV. Qu'une fortune médiocre assure le bonheur du citoyen. Que cette vérité difficile n'est point impossible 
à persuader aux hommes
729
Chap. XXV. De l'association des idées de bonheur et de richesses dans notre mémoire. Que ces deux idées y peuvent être
distinguées: que par ce moyen, on rendroit au bonheur une infinité d'hommes auxquels pour être heureux, il ne manque 
que de se croire tels. Que les vérités ci-dessus établies, ne sont point de ces principes spéculatifs, 
inapplicables à la pratique
731
Chap. XXVI. De l'utilité éloignée de mes principes. Que ces principes adoptés par un Prince éclairé et bienfaisant, 
pourroient devenir le germe d'une Législation neuve, et plus conforme au bonheur de l'humanité
733
Notes
735
SECTION IX
741
De la possibilité d'indiquer un bon plan de législation. Des obstacles que l'ignorance met à sa publication. 
Du ridicule qu'elle jette sur toute idée nouvelle et toute étude approfondie de la Morale et de la Politique. 
De l'inconstance qu'elle suppose dans l'esprit humain; inconstance incompatible avec la durée de bonnes Loix. 
Du danger imaginaire auquel, si l'on en croit l'ignorance, la révélation d'une idée neuve et sur-tout des vrais 
principes des Loix doit exposer les Empires. De la trop funeste indifférence des hommes pour l'examen des vérités 
morales et politiques. Du nom de vraies ou de fausses donné aux mêmes opinions, selon l'intérêt momentané 
qu'on a de les croire telles ou telles.
Chap. I. De la difficulté de tracer un bon plan de Législation
743
Chap. II. Des premieres questions à se faire, lorsqu'on veut donner de bonnes Loix. Que les récompenses accordées 
aux talens et aux vertus, fût-ce un luxe de plaisir, ne corrompront jamais les mœurs
747
Chap. III. Du luxe de plaisir. Que tout plaisir décerné par la reconnoissance publique, fait chérir la vertu, 
fait respecter les Loix, dont le renversement, comme quelques-uns le prétendent, n'est point l'effet de l'inconstance 
de l'esprit humain
757
Chap. IV. Des vraies causes des changemens arrivés dans les Loix des Peuples. Que ces changemens y sont toujours 
l'effet, et de l'imperfection de ces mêmes Loix, et de la négligence des Administrateurs, qui ne savent ni contenir 
l'ambition des Nations voisines par la terreur des armes, ni celle de leurs concitoyens, par la sagesse des règlemens; 
qui d'ailleurs élevés dans des préjugés dangereux, favorisent l'ignorance des vérités, dont la révélation assureroit 
la félicité publique
761
Chap. V. Que la révélation de la vérité n'est funeste qu'à celui qui la dit
769
Chap. VI. Que la connoissance de la vérité est toujours utile
773
Chap. VII. Que sa révélation ne trouble jamais les Etats. La lenteur de ses progrès citée en preuve de cette assertion
777
Chap. VIII. De la lenteur avec laquelle la vérité se propage. Qu'il n'est point de forme de Gouvernement où sa 
connoissance puisse être dangereuse
781
Chap. IX. Des Gouvernemens
785
Chap. X. Que dans aucune forme de gouvernement le bonheur du Prince n'est attaché au malheur des peuples
789
Chap. XI. Qu'on doit la vérité aux hommes. Que l'obligation de la dire, suppose le libre usage des moyens de la 
découvrir et par conséquent la liberté de la Presse
795
Chap. XII. De la liberté de la Presse. Que privées de cette liberté, les Nations croupissent dans l'ignorance
797
Chap. XIII. Des maux que produit l'indifférence pour la vérité
801
Chap. XIV. Que le bonheur de la génération future n'est jamais attaché au malheur de la génération présente. 
Qu'une telle supposition est absurde; que les Gouvernemens doivent d'autant plus exciter les hommes à la recherche 
de la vérité, qu'ils y sont en général plus indifférens
805
Chap. XV. Que les mêmes opinions paroissent vraies ou fausses, selon l'intérêt qu'on a de les croire telles ou telles. 
Que l'intérêt feroit nier au besoin la vérité des démonstrations géométriques
809
Chap. XVI. Que l'intérêt fait estimer en soi jusqu'à la cruauté qu'on déteste dans les autres
811
Chap. XVII. L'intérêt fait respecter le crime
813
Chap. XVIII. L'intérêt fait les Saints
815
Chap. XIX. L'intérêt persuade aux Grands qu'ils sont d'une espece différente des autres hommes
821
Chap. XX. L'intérêt fait honorer le vice dans un protecteur
823
Chap. XXI. L'intérêt du puissant commande plus impérieusement que la vérité aux opinions générales. 
Que cet intérêt les forme, et peut tout
825
Chap. XXII. Qu'un intérêt secret cacha toujours aux Parlemens la conformité de la Morale et des Jésuites et du Papisme
827
Chap. XXIII. Que l'intérêt fait nier journellement cette maxime, ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrois pas 
qu'on te fÎt
829
Chap. XXIV. Que l'intérêt dérobe à la connoissance du Prêtre honnête homme les maux produits par le Papisme. 
Que de toutes les Religions, c'est la plus intolérante
831
Chap. XXV. Que toute Religion intolérante est essentiellement régicide. Que son intolérance suppose en elle le 
desir de régner sur les Peuples et sur les Rois
835
Chap. XXVI. Des moyens employés par l'Eglise pour s'asservir les Nations
839
Chap. XXVII. Du tems où l'Eglise Catholique laisse reposer ses prétentions
841
Chap. XXVIII. Du tems où cette Eglise fait revivre ses prétentions
845
Chap. XXIX. Des prétentions de l'Eglise prouvées par le droit
847
Chap. XXX. Des prétentions de l'Eglise prouvées par le fait
851
Chap. XXXI. Des moyens d'enchaÎner l'ambition ecclésiastique. Que le tolérantisme seul peut la contenir; que lui seul 
peut en éclairant les esprits, assurer le bonheur et la tranquillité des Peuples, dont le caractere est susceptible 
de toutes les formes, que lui donnent les Loix, le Gouvernement, et surtout l'éducation publique
857
Notes
863
SECTION X
879
De la puissance de l'instruction: des moyens de la perfectionner: des obstacles qui s'opposent aux progrès de 
cette science. De la facilité avec laquelle ces obstacles levés, l'on traceroit le plan d'une excellente éducation
Chap. I. L'éducation peut tout
879
Chap. II. De l'éducation des Princes. Qu'on n'en peut attendre des Grands que d'un grand changement dans leur instruction
885
Chap. III. Avantages de l'éducation publique sur la domestique
889
Chap. IV. Idée générale sur l'éducation physique
893
Chap. V. Dans quel moment et quelle position l'homme est susceptible d'une éducation morale
897
Chap. VI. De l'éducation relative aux diverses professions
899
Chap. VII. De l'éducation morale de l'homme. Des obstacles qui s'opposent à la perfection de cette partie de l'éducation
903
Chap. VIII. Intérêt du Prêtre, premier obstacle à la perfection de l'éducation morale de l'homme
913
Chap. IX. Imperfection de la plupart des gouvernemens, second obstacle à la perfection de l'éducation morale de l'homme
917
Chap. X. Que toute réforme importante dans la partie morale de l'éducation en suppose une dans les Loix et la forme 
du gouvernement
921
Chap. XI. Que les obstacles qui s'opposent aux progrès de l'instruction une fois levés, le problême de la meilleure 
éducation possible est résolu
925
RÉCAPITULATION
929
Des principales questions traitées dans cet Ouvrage.
Que mon objet dans les quatre Chapitres suivans est de prouver:
Chap. I. L'analogie de mes opinions avec celles de Locke. De faire sentir:
Chap. II. Toute l'importance et l'étendue du principe de la sensibilité physique.
De répondre:
Chap. III. Aux accusations de matérialisme et d'impiété De l'absurdité de ces accusations:
Chap. IV. De l'impossibilité pour tout Moraliste éclairé d'échapper aux censures ecclésiastiques.

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