Corpus des Œuvres de Philosophie en Langue française

 

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BERNIER

Abrégé de la philosophie de Gassendi (1684) (7 volumes)

Médecin, orientaliste, grand voyageur et parfait homme du monde, François Bernier (1625-1688) fut beaucoup plus qu’un "joli philosophe" (le mot de Saint-Evremond a fait fortune) pour avoir su faire passer en français classique le latin baroque et rempli de barbarie scolastique du Syntagma philosophicum de Pierre Gassendi (1592-1655), chanoine de la cathédrale de Digne et professeur de mathématiques au Collège de France. Fidèle à l’esprit plus qu’à la lettre de l’immense oeuvre latine (posthume), l’Abrégé adapte, modernise, choisit la concision et l’ordre des raisons de préférence à l’érudition, rendant accessible aux honnêtes gens — Bernier fréquentait le salon de Madame de La Sablière — la philosophie d’un humaniste sceptique et savant, soucieux de fonder la physique sur le matérialisme épicurien sans préjudice de la religion chrétienne.
Gassendi s’oppose à l’aristotélisme et à la scolastique, mais aussi à Descartes — montrant ainsi que la philosophie des Modernes n’est pas nécessairement cartésienne. Si le gassendisme n’a pas fait école, il a instruit et nourri la pensée européenne de la fin du siècle, en matière de science (mécaniste), théorie de la connaissance (empiriste et sensualiste), et morale (fondée, non sur la religion, mais sur la connaissance), bien au-delà de l’image qu’en ont rendue les libertins érudits.

Catalogue des Auteurs, décembre 1995. (Christiane Frémont)

 

Présentation du livre

La présente édition de l’Abrégé de la philosophie de Gassendi reprend celle de 1684 (Lyon, Anisson, Posuel & Rigaud, sept tomes in 12°), dite (sur sa page titre) “Seconde édition, Reveüe, et augmentée par l’Autheur” bien qu’elle soit la troisième. La première, en deux tomes (Abregé de la philosophie de Mr. Gassendi [.], Paris, Jacques Langlois, et Emmanuel Langlois, 1674, 1 vol. in 12° et “seconde partie”, Paris, Estienne Michallet, 1675,1 vol. in 4°) était incomplète: le premier tome ne contenait que des spécimens des principes de la physique de Gassendi, des “parcelles” de la logique, et la table des traités à paraître ultérieurement; le second contenant l’astronomie, était déjà parfait en son genre: il devait constituer le tome IV de chacune des éditions “complètes” de 1678 et 1684. L’édition de 1678 (Lyon, Anisson et Posuel, huit tomes in 12°) est bien la première édition complète de notre Abrégé. Elle présente, par rapport à celle de 1684 que nous avons adoptée, des variations très intéressantes mais trop considérables pour que nous les fassions figurer dans notre édition.
Nous avons choisi celle de 1684 — jamais réimprimée ni rééditée — parce que c’est Bernier lui même qui l’a “revue et augmentée” indépendamment de toute pression, et qu’elle est en bien des endroits plus fidèle au texte et à l’esprit du Syntagma philosophicum, c’est à dire au cours de philosophie de Gassendi, que celle de 1678. Or quel que soit l’intérêt littéraire et historique de Bernier, la plupart des philosophes utilisent sans doute l’Abrégé comme un auxiliaire pour pénétrer dans cet immense labyrinthe qu’est le Syntagma philosophicum latin.
Pour permettre au lecteur de repérer dans notre édition les références à celle de 1684, nous avons conservé la division en sept tomes et signalé dans la table et le texte de chacun (par un chiffre en exposant) la pagination de l’édition de 1684.
Conformément aux conventions de la collection, nous avons modernisé la typographie et conservé l’orthographe et la ponctuation de l’édition de référence, ne corrigeant que les anomalies dont nous nous sommes — dans la mesure du possible — assurés qu’elles n’étaient pas imputables à une différence — ni à une indifférence — d’usage, mais qu’il s’agissait bien de coquilles typographiques. Dans certains cas douteux nous avons comparé avec l’édition de 1678, avec d’autres textes imprimés de Bemier, ou avec le texte latin de Gassendi ; en ce dernier cas, toutes nos références renvoient soit à Animadversiones in X. Lib. Diogenis Laértii [..] (Lyon, 1649), soit à Petri Gassendi Diniensis Ecclesin Proepositi, et in Academia Parisiensi Matheseos Regii Professoris Opera Omnia in sex tomas divisa [..] (Lyon, Anisson et Devenet, 1658; cité sous l’abréviation “Opera” suivie des indications de tome, page, colonne et ligne).
Enfin, nous avons cherché, autant que possible, à ce que nos interventions restent transparentes; pour ce faire, nous avons mis toutes nos adjonctions entre crochets, et signalé en note la plupart de nos omissions ou remplacements.

Sylvia Murr

 

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