Corpus des Œuvres de Philosophie en Langue française
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BONNET
Considérations sur les corps organisés (1762)
Charles Bonnet (1720-1793), qu’une famille aisée destinait à la jurisprudence, se découvrit une vocation de philosophe naturaliste à la lecture de l’Abbé Pluche et de Réaumur. En 1740, ses observations sur la parthénogenèse des pucerons lui valent le brevet de correspondant de l’Académie des Sciences. La découverte de Haller sur la formation du poulet lui semble prouver la préexistence des germes, hypothèse que la Théodicée de Leibniz lui avait inspirée dès 1748 — Bonnet toutefois optera pour l’ovisme contre l’animalculisme. Grand observateur (il y perdit la vue), expérimentateur habile et audacieux mais toujours soucieux de la souffrance des animaux, Bonnet correspondit avec tous les naturalistes du temps, ce qui fait de lui l’un des meilleurs connaisseurs des sciences du vivant au dix-huitième siècle. Les Considérations donnent un abrégé de l’histoire naturelle sur l’origine, la reproduction et le développement des êtres organisés, en les ramenant "à des principes plus philosophiques" — par opposition au mécanisme du siècle passé : la préexistence, la continuité, l’évolution —, et réfutent les théories de l’épigenèse, en particulier celles de Buffon (le moule intérieur) et de Needham (les principes de vie). Soutenant déjà la théorie de l’évolution développée dans la Palingénésie philosophique, et malgré l’hypothèse d’un dessein providentiel, le livre fut interdit en France. Catalogue des Auteurs, décembre 1995. (Christiane Frémont) |
Né à Genève, Charles Bonnet reçoit en 1740 le brevet de correspondant de l'Académie des Sciences pour ses observations sur la parthénogenèse des pucerons. Il publie l'Essai de psychologie (Londres 1754), l' Essai analytique des facultés de l'âme (Copenhague 1760), la Contemplation de la nature (Amsterdam, 1765 et 1766, 2 vol). Francine Markovits
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