Corpus des Œuvres de Philosophie en Langue française
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FONTENELLE
Oeuvres complètes t.III (1685-1753)
Une longue et brillante carrière d’homme de lettres, une réputation de bel esprit, un style parfait : toutes choses qui ont fait oublier que Bernard de Bovier de Fontenelle (1657-1757) est aussi philosophe. Il entre à l’Académie française en 1691 en 1697, à l’Académie des sciences, dont il reste Secrétaire jusqu’en 1737, et rédige les célèbres Eloges. Dans le même temps il s’occupe de sciences exactes, en particulier des mathématiques de l’infini. Catalogue des Auteurs, décembre 1995. (Christiane Frémont) |
Présentation du livre
Tome III
Ce volume contient un certain nombre d'ouvrages littéraires, philosophiques et scientifiques, publiés à des dates variables, mais écrits à la fin du XVIIè siècle, avant que Fontenelle ne fût presque entièrement accaparé par ses fonctions à l'Académie des Sciences.
Il est possible d'hésiter sur la date de l'Histoire du Romieu de Provence, ce début de roman, que Fontenelle aurait composé "dans sa jeunesse", (selon l'expression de Trublet, Mémoires pour servir à l'histoire de la vie et des ouvrages de M. de Fontenelle, Amsterdam, Marc-Michel Rey, 1759). En revanche, La vie de Monsieur Corneille (reprise de l'Eloge de Corneille publié en 1685 dans les Nouvelles de la République des Lettres), l'Histoire du Théâtre français et les Réflexions sur la Poétique, pour avoir paru seulement dans l'édition de 1742, n'en datent pas moins, selon Trublet et tous les historiens de Fontenelle, de la dernière décade du dix-septième siècle. De même, De l'Origine des Fables, (première édition en 1724), que nous accompagnons ici de sa première mouture, Sur l'Histoire ; de même, Sur l'existence de Dieu et Du Bonheur (première édition en 1724), et l'impie Traité de la liberté de l'âme, qui fut brûlé en 1700 par ordre du Parlement, puis réimprimé anonymement dans les Nouvelles libertés de penser de 1743. L'Analyse des Infiniment petits du marquis de l'Hôpital parut en 1696, avec une préface de Fontenelle, qui n'y fut, selon Trublet, que le "secrétaire" du mathématicien, et les Héroïdes en 1698: à la suite de ces pièces imitées d'Ovide, le lecteur trouvera quelques petits poèmes (plus ou moins philosophiques) que Fontenelle composa à des dates souvent incertaines.
Dans la seconde partie de ce tome, nous avons regroupé l'ensemble de la correspondance de Fontenelle (de 1700 à 1753). Ce sont d'abord cinquante-et-une lettres publiées par Trublet dans le dernier tome des Œuvres complètes de Fontenelle (1758), puis les correspondances du philosophe avec le père Castel et avec le cardinal Fleury (publiées également par Trublet), avec Leibniz (publiée par Foucher de Careil dans Lettres et opuscules inédits de Leibniz, Paris, Ladrange, 1854, et par A. Birembaut, P. Costabel et S. Delorme dans la Revue d'histoire des sciences, mai-juin 1966), avec Newton (publiée par Bonno dans Modern Language Notes, 1939), avec Crousaz (publiée par J. La Harpe, dans Revue historique vaudoise, juin 1953), avec le père André (publiée par Charma et Mancel, Le Père André, documents inédits..., Caen, Lesaulnier, 1844). Enfin, la fameuse et sacrilège épître que le philosophe adressa au marquis de La Fare, De la résurrection des corps (publiée dans Le petit réservoir, Berlin, J.Neaulme, 1750).
Nous avons cru utile de conserver les éclaircissements et les notes dont Trublet entoura les lettres qu'il a publiées: cette édition avait, en effet, été entreprise du vivant de Fontenelle; Trublet était son intime et son confident, et l'on peut donc admettre que ces gloses sont un peu de la main du philosophe.
L'orthographe ancienne a été respectée dans tous les textes, excepté le Traité de la liberté de l'âme et la lettre à La Fare, que nous avons empruntés, faute de mieux, à l'édition de 1818 (par Depping, Paris, Belin).
Alain Niderst