Corpus des Œuvres de Philosophie en Langue française

 

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GUYAU

Esquisse d'une morale sans obligation ni sanction (1885)

«Psychologue et surtout moraliste. métaphysicien à ses heures, artiste toujours et poète» : c’est ainsi qu’Alfred Fouillée présente Jean-Marie Guyau (1854-1888), son beau-fils, malade dès l’enfance, qui partagea sa vie brève, retiré à Menton, entre la poésie et la philosophie, penchant, pour l’une, vers un panthéisme stoïcien, et pour l’autre vers l’idéalisme platonicien.
Tout en se distinguant de l’hédonisme et de l’utilitarisme, une morale «libre» peut trouver ses impératifs sans leur chercher un fondement rationnel, «purement scientifique» : le modèle kantien laisse place à une morale naturaliste et positive, sans référence au suprasensible. C’est à l’activité surabondante de la vie que Guyau rapporte ce qu’il appelle des «équivalents» de l’obligation morale : la puissance vitale mesure le devoir — sans préjudice de l’altruisme, du sacrifice ni de la pitié universelle. On devine pourquoi Nietzsche avait soigneusement annoté son exemplaire de l’Esquisse à la fois pour s’y reconnaître et s’en distinguer.

Catalogue des Auteurs, décembre 1995. (Christiane Frémont)

 

Présentation du livre

Nous publions l'Esquisse d'une morale sans obligation, ni sanction, parue pour la première fois en 1885, dans le texte de l'édition de 1890, "conformément au manuscrit laissé par l'auteur en vue de cette seconde édition, et avec les diverses corrections qu'il avait indiquées".

Christiane Mauve

 

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