Corpus des Œuvres de Philosophie en Langue française
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LA METTRIE
Oeuvres philosophiques t I (1737-1752)
Médecin philosophe - il a étudié auprès de Boerhaave - Julien Offray de La Mettrie (1709-1751) s’alièna tout ensemble ses confrères des deux bords, par ses travaux sur la sexualité, les maladies vénériennes, le vertige, autant que pour le matérialisme de ses écrits philosophiques, jugés dangereux pour la religion bien sûr, mais aussi pour la morale et la société. Après la condamnation de l’Histoire naturelle de l’âme et de L’homme machine, il accepta l’asile que lui offrit Frédéric II à la Cour de Prusse, où il mourut, dit-on, d’une indigestion. Catalogue des Auteurs, décembre 1995. (Christiane Frémont) |
Ce premier tome reprend la seule édition d' Œuvres philosophiques que La Mettrie ait donnée de son vivant, avec la mention: chez Jean Nourse, à Londres (Berlin ?), 1751. Il y faisait figurer un Discours préliminaire et six Mémoires pour servir à l'Histoire naturelle de l'homme dont certains reprenaient, avec des modifications, des œuvres publiées auparavant de façon séparée.
Le Discours préliminaire n'avait pas été publié antérieurement sous cette forme. Il vient du remaniement de l' Histoire naturelle de l'âme (voir plus loin). Il en existe une édition critique par Ann Thomson, Materialism and Society in the Mid-eighteenth Century: La Mettrie's Discours Préliminaire, Genève-Paris, 1981.
Le premier mémoire est constitué par L'homme machine (la mention " premier mémoire " est omise). Précédé par un Avertissement de l'imprimeur et une Dédicace à Monsieur Haller, il avait d'abord été publié à Leyde en 1748 chez Elie Luzac fils et condamné à être brûlé. On trouve cette édition à la Bibliothèque Nationale (cote 8°R 33102) et à la bibliothèque de l'Arsenal (16° SA 596). Aram Vartanian en a donné une édition critique: La Mettrie's l'homme machine: a study in the origins of a idea, critical edition with an introductory, monograph and notes, Princeton N. J., Princeton University Press, 1960.
L'ouvrage a été republié, précédé de l'Éloge de l'auteur par Frédéric II, roi de Prusse, avec une introduction et des notes, par Assézat en 1865 (Paris, F. Henry ; cote Bibl. Nat. 8° Tb9 79). Rappelons les rééditions de Maurice Solovine (qui y joint L'art de jouir, Paris, Bossard, 1921) ; de G. Delaloye (Paris, Pauvert, 1966) et de P.-L. Assoun (Paris, Denoël-Gonthier, 1981).
Le second mémoire est le Traité de l'âme dont voici les premières versions :
Histoire naturelle de l'âme, traduite de l'anglais de M. Sharp, par feu M. H*** de l'Académie des sciences etc., à La Haye, chez Jean Neaulme, libraire, 1745. Le livre est condamné à être lacéré et brûlé (Arrêt du Parlement du 7 juillet 1746).
La Mettrie le republia en 1747 avec le même titre et la mention: nouvelle édition revue fort exactement, corrigée de quantité de fautes qui s'étaient glissées dans la première et augmentée de la lettre critique à Madame la Marquise du Chatelet, à Oxford, aux depends de l'auteur. Cette lettre est republiée dans Corpus, revue de philosophie (n° 5).
Ces deux éditions se trouvent à la Bibl. nat. (respectivement sous les cotes R 12345 et R 31125) et à l'Arsenal (sous la cote 8°S 1194 pour l'édition de 1745 et pour celle de 1747, la lettre étant tantôt au début et tantôt à la fin de l'ouvrage, sous les cotes 8°S 1195 et 8°S 1196).
Dans l'édition de 1751 que nous reprenons, la conclusion de l'Histoire naturelle de l'âme est devenue le Discours préliminaire. L'auteur y a réduit considérablement deux longues notes sur le goût et le génie qui touchaient à la critique littéraire. Il a réduit et déplacé les notes qui concernaient différents philosophes pour composer l'Abrégé des Systèmes. Ce travail de division et de déplacement effectué, on a le Traité de l'âme.
Le troisième mémoire est ainsi l'Abrégé des Systèmes pour faciliter l'intelligence du Traité de l'âme. Il n'a pas eu, semble-t-il, d'édition séparée.
Le quatrième mémoire est L'homme plante. Il fut publié à Postdam en 1748 d'après Pierre Lémée (La Mettrie, sa vie, son œuvre, Mortain 1954), en 1750 d'après Quérard (La France littéraire, Paris, Firmin-Didot, 1827-1839). Il fut réédité avec l'Art de jouir dans : De la propagation du genre humain, anonyme, Paris, an VII (cote Bibl. nat. 8"Tb" 81). Il existe une édition critique du texte de 1748: L'homme plante, Offray de La Mettrie, republ. with introd. and notes by Francis L. Rougier, New York, Columbia University, 1936.
Le cinquième mémoire est constitué par Les animaux plus que machines qui furent d'abord publiés en 1750, sans nom d'auteur ni indication de lieu.
Le sixième et dernier mémoire est le Système d'Épicure qui vient d'un remaniement et d'un développement des Réflexions philosophiques sur l'origine des animaux, Londres (Berlin ?),1750 Ce texte est republié dans Corpus, revue de philosophie (n° 5). Il se trouve à Berlin, à la Staatsbibliotek Preussischer Kulturbesitz, sous la cote N.n. 10356.
Seul le Traité de l'âme a une table des chapitres; elle n'était pas paginée en 1751. L'Homme plante, l'Abrégé des systèmes, le Système d'Épicure, sont divisés mais n'ont pas de sous-titres. L'Homme machine et Les animaux plus que machines ne sont pas divisés en parties.
Nous avons établi une table générale des mémoires à la fin du volume. Nous n'avons changé ni la ponctuation, ni l'orthographe, ni l'accentuation qui peuvent surprendre. Nous avons reproduit, parce qu'elle comporte une citation, la vignette de l'édition de 1751. Le grec ne comporte pas d'accents dans le texte; le latin en comporte.
Nous remercions la Bibliothèque Sainte Geneviève qui nous a permis, pour composer ce volume, de travailler sur l'exemplaire dont la cote est 15 127 Rés.
Francine Markovits