Corpus des Œuvres de Philosophie en Langue française

 

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LA MOTHE LE VAYER

Les neuf dialogues faits à l'imitation des anciens (1630-1631)

Naudé (présent dans l’ouvrage sous le nom de Télamon) l’appelait le Plutarque de la France: mais chez François de La Mothe Le Vayer (1588-1672), la référence à l’Antiquité est fort irrévérencieuse. Contemporain de Saint Français de Sales et de Descartes, il se trouve à la charnière de l’anticléricalisme gaillard et du rationalisme naissant; il entra cependant à l’Académie française en 1639, et Richelieu le fit précepteur du duc d’Orléans, puis du jeune roi lui-même.
Les Dialogues déconcertent par l’usage systématique du paradoxe (contre l’opinion vulgaire) et de la référence (thème de l’imitation) : mais tous deux ont pour fonction d’exprimer la diversité dans la nature comme dans l’histoire, sans crainte de la contradiction. La philosophie sceptique, soutenue par une logique de la vraisemblance, juxtapose, associe ou entrecroise des contenus de pensée multiples, et rend une valeur à l’arbitraire et à l’omission. L’oeuvre paraît au paroxysme de la querelle qui oppose mystiques et libertins; elle affirme la vanité du dogme officiel, et la relativité des religions, dont elle puise maints exemples aux relations de voyage alors en vogue.

Catalogue des Auteurs, décembre 1995. (Christiane Frémont)

 

Présentation du livre

Nous éditons les Dialogues faits à l'imitation des Anciens, par Orasius Tubero, d'après l'exemplaire conservé à la Bibliothèque de l'Arsenal sous la cote 4° B L 4876. Cet exemplaire porte des indications d'édition fantaisistes: à Francfort, par Jean Sarius,1506 (sic) pour les quatre premiers dialogues, et à Francfort, par Jean Sarius, 1606, pour les cinq autres.
La date des différentes éditions fait problème. L'exemplaire de l'Arsenal porte la mention manuscrite ancienne suivante : “Édition originale rare et estimée. Tout le monde sait que cet ouvrage est de La Mothe Le Vayer...” Nous suivons les conclusions de René Pintard qui, dans son ouvrage La Mothe Le Vayer, Gassendi, Guy Patin, Études de bibliographie et de critique, Paris, Boivin, 1943, détermine cette édition comme étant la seconde (fin 1632 ou 1633). Entre autres éléments décisifs pour la datation, il note les références les plus tardives : Gabriel Sagard, Grand voyage au pays des Hurons (privilège du 21 juillet 1632) et Paul Lejeune, Brève relation du voyage de la Nouvelle France (privilège du 15 novembre 1632).
Nous avons respecté l'orthographe et la ponctuation.
Frédérique Ildefonse s'est chargée de l'établissement des citations grecques.

André Pessel

 

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