Corpus des Œuvres de Philosophie en Langue française

 

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MABLY

De l'étude de l'histoire (1775-1783)

Frère de Condillac, Gabriel Bonnot, abbé de Mably (1709-1785) fut un temps secrétaire du Cardinal de Tencin son oncle ; il travailla par la suite pour le prince de Parme, complétant le Cours d’études laissé par son frère pour l’instruction de l’infant.
Enseignement paradoxal car ces leçons d’histoire remettent en question la fonction même du prince, en ce qu’elles suivent strictement les principes du Contrat social et de l’Emlle: que l’égalité est naturelle entre les hommes ; que la tyrannie est consubstantielle à la monarchie; et que la politique ne se conçoit pas sans la morale. L’histoire, appuyée sur une anthropologie rationnelle, révèle des principes universels et transcendants propres à fonder la politique ; laquelle n’est pas le fait du prince, mais de tous les hommes. A l’arrière-plan, deux références : Machiavel et Bossuet.

Catalogue des Auteurs, décembre 1995. (Christiane Frémont)

 

Présentation du livre

Nous publions dans ce volume deux œuvres de Mably: De l'étude de l'histoire, De la manière d'écrire l'histoire.
De l'étude de l'histoire fut publié pour la première fois dans le tome XVI du Cours d'études pour l'instruction du Prince de Parme de Condillac, sans indication spéciale d'auteur. L'attribution de cette œuvre à Mably est cependant indiscutable pour trois raisons. Le Cours d'étude et De l'étude de l'histoire sont manifestement écrits par deux auteurs différents: Condillac écrit à la fin du tome XV :“Vous vous imaginez peut-être avoir fini; mais c'est moi, Monseigneur, qui ai fini ; et vous, vous avez à recommencer” (p. 384); l'auteur de l'Etude de l'histoire renvoie son élève à l'enseignement qui lui a été donné auparavant par “un philosophe profond” qui lui a fait connaître “la nature de notre entendement” (p. 209 de notre édition). De nombreux témoignages historiques attestent que Mably a travaillé pour le Prince de Parme (cf. Georges Le Roy, Introduction aux Œuvres philosophiques de Condillac, Paris, P.U.F., 1947, T. I, p.x, note l). Enfin, Mably signe en filigrane son œuvre en s'y présentant comme l'auteur des Entretiens de Phocion (p. 17, 55, 57, 253 de notre édition) et des Principes des négociations (p. 55).
Cette première édition parut à Paris en 1775 avec la fausse indication de Parme. Une nouvelle édition, revue, corrigée et signée par Mably fut publiée à Mæstreicht en 1778. Le texte fut ensuite réédité à Genève en 1780, puis dans les éditions des Œuvres Complètes.
De la manière d'écrire l'histoire fut publié à Paris en 1783 et réédité dans les éditions des Œuvres Complètes.
Ces deux textes forment le tome XII de la première édition des Œuvres Complètes qui parut, après la mort de Mably, à Londres en 1789 et fut rééditée plusieurs fois, en particulier à Lyon en 1796.
Nous avons établi cette édition en confrontant pour De l'étude de l'histoire le texte de 1775 (Bibliothèque de Versailles, Fonds A, in 8°, E 6f à 21 f), celui de 1778 (Bibliothèque de Versailles, Fonds A, in 12°,129 a) et celui de 1796: nous avons adopté l'orthographe de l'édition de 1796, rectifié les coquilles du texte en comparant les trois éditions, imprimé en italiques, conformément à l'édition de 1778, des termes figurant en caractères romains dans l'édition de 1796, rétabli les majuscules figurant dans les deux premières éditions. Pour De la manière d'écrire l'histoire, nous avons utilisé l'édition de 1796, en vérifiant sa conformité à celle de 1783 (Bibliothèque de Versailles, Fonds A, in 12°, 133 a).
Nous signalons enfin deux passageses qui posent un problème d'interprétation: peut-être faut-il lire p. 293 l. 2 “mystères” à la place de “misères”, et p. 350 l. 10 “en voyant qu'il pouvait atteindre” à la place de “qu'il ne pouvait atteindre”:
Nous avons modernisé la typographie.

 

Barbara de Negroni

 

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