Corpus des Œuvres de Philosophie en Langue française

 

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Abbé de SAINT-PIERRE

Projet pour rendre la paix perpétuelle en Europe (1713)

Le «bon Abbé» est-il notre premier Européen ? La vie mouvementée de Charles-Irénée Castel de Saint-Pierre (1658-1743) coïncide avec la «crise de la conscience européenne». Quand la guerre est partout en Europe, celui qui se voulait "le bienfaiteur de la race humaine" affirme l’urgence de la paix universelle. Voué par naissance à l’état ecclésiastique, mais plus déiste que catholique, ses goûts le portent vers les sciences et la politique plus qu’à la théologie ; il a pour amis Malebranche, Fontenelle, l’Abbé Vertot, Varignon ; et lit Descartes, pour sa physique ; entre à l’Académie française en 1694 d’où il sera exclu en 1718 pour sa Polysynodie jugée trop libérale ; s’occupe de diplomatie lors de la paix d’Utrecht ; adhère au Club de l’Entresol ; court les Salons, et s’occupe de tout. Voltaire, qui, seul, le veillait à sa mort, célébrera en lui l’un des hommes qui firent le dix-huitième siècle.
Son Projet ne veut point répéter l’irénisme humaniste et moralisant d’Erasme: mais démontrer, par une méthode rigoureuse, les propositions qui rendraient la paix perpétuelle. Un corps de règles juridiques fondées sur le droit naturel suffirait à régler pacifiquement les relations entre les nations. Contre la doctrine de l’équilibre des forces en Europe, il prône une véritable confédération européenne et chrétienne, qui ne lui semble pas une perspective future mais bel et bien l’impératif juridique de son temps.

Catalogue des Auteurs, décembre 1995. (Christiane Frémont)

 

Présentation du livre

Le Projet pour rendre la paix perpétuelle en Europe comporte trois tomes. Les deux premiers ont été publiés à Utrecht en 1713 chez Antoine Schouten; le troisième volume, dont le titre est Projet de Traité pour rendre la paix perpétuelle entre les souverains chrétiens, fut publié chez le même libraire en 1717.
Nous avons utilisé ici, pour l'établissement du texte, les éditions originales. Nous avons conservé l'orthographe et la ponctuation de l'époque.

Simone Goyard-Fabre

 

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